lundi 21 septembre 2015

Freddy sort de la Nuit / New Nightmare

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Wes Craven. 1994. U.S.A. 1h52. Avec Heather Langenkamp, Robert Englund, Miko Hughes, Wes Craven, John Saxon, Robert Shaye.

Sortie salles France: 4 Mai 1995. U.S: 14 Octobre 1994.

FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur né le 2 Aout 1939 à Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La Créature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des Ténèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire à brooklyn, 1996: Scream, 1997:Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.


Pratiquant la mise en abyme afin de redonner un second souffle à la franchise, Wes Craven se prend un malin plaisir à détourner son mythe fondateur à travers un récit ombrageux où réalité et fiction continuent de se juxtaposer mais de manière plus leste que les antécédents opus. Si bien qu'en l'occurrence, le célèbre croquemitaine a décidé de s'extirper de la pellicule afin de venir bouleverser la quotidienneté des véritables acteurs du premier volet ! Ou comment un monstre issu du fantasme d'un cinéaste parvient finalement à se matérialiser par sa volonté (celle du scénariste Wes Craven) pour prendre sa revanche sur ses créateurs l'ayant finalement vulgairement réduit au monstre ricaneur. D'où sa réflexion sur les ficelles du cinéma, l'addiction des fans hystérisés et la démarche mainstream des suites à succès uniquement conçues pour engranger les dollars.


Illustre héroïne du premier volet, on retrouve avec grand plaisir Heather Langenkamp interprétant dans son propre rôle avec toujours autant d'aplomb et de détermination une actrice maternelle confrontée à sa paranoïa d'une intuition improbable (la résurrection de Freddy délibéré à s'extraire de son inconscient pour s'introduire dans la réalité). Quand bien même son fils est sujet à d'horribles cauchemars l'incitant à adopter un comportement pathologique de plus en plus schizophrène. Ainsi, par le biais de ce témoin candide, Freddy en profite pour le molester avec endurance afin d'attiser la génitrice vers une ultime confrontation. C'est donc autour de ses rapports dysfonctionnels et du danger tacite que Wes Craven agence son intrigue afin de privilégier l'efficacité de l'expectative en évitant le plus longtemps l'apparition escomptée (et redoutée) de l'homme aux griffes d'acier ! Grâce à la posture affirmée d'Heather Langenkamp et à l'aimable participation des seconds rôles (Wes Craven himself, Robert Englund et John Saxon), le film parvient à soutenir l'intérêt d'une tension sous-jacente en ascension. Notamment en surfant sur les clins d'oeil et références au premier volet, telle cette confusion du rêve et de la réalité que notre héroïne et son rejeton éprouvent avant les estocades (notamment celle en interne hospitalier) d'une dernière partie plus intense, homérique, sanglante (on fera l'impasse sur quelques CGI foireux).


Peut-être moins ambitieux que ne le laissait supposer son script et moins glauque et terrifiant que son modèle (alors que le boogeyman est paradoxalement ici plus sombre et inquiétant), Freddy sort de la nuit s'avère toutefois constamment efficace, divertissant et surtout intelligent pour sa structure narrative, son savoir-faire et ses thèmes abordés (notamment l'emprise de la fiction à travers notre quotidienneté et celle des acteurs et des créateurs) afin de nous séduire sans ambages une ultime fois. Wes Craven s'interrogeant notamment avec scrupule sur sa responsabilité morale d'avoir engendré une franchise horrifique aussi lucrative qu'(hélas) éculée ! 

*Bruno
27.11.23. 4èx. Vostfr

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