vendredi 10 octobre 2014

NUITS DE CAUCHEMAR (Motel Hell)

                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinemaknifefight.wordpress.com

de Kevin Connor. 1980. U.S.A. 1h45. Avec Rory Calhoun Nancy Parsons, Nina Axelrod, Wolfman Jack, Elaine Joyce, Monique St. Pierre.

Sortie salles France: 19 Novembre 1980. U.S: 18 Octobre 1980

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Kevin Connor est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né en 1937 à Londres (Royaume-Uni). 
1973: Frissons d'outre-tombe. 1975: Le 6è Continent. 1976: Trial by combat. 1976: Centre Terre, septième continent. 1977: Le Continent Oublié. 1978: Les 7 cités d'Atlantis. 1979: Le Trésor de la Montagne Sacrée. 1980: Nuits de Cauchemar. 1982: La Maison des Spectres. 


Spécialiste de l'aventure fantastique tous publics (le 6è Continent, Centre Terre, 7è continent, Le Continent Oublié, les 7 Cités d'Atlantis, le Trésor de la Montagne sacrée) alors qu'il se fit connaître avec l'anthologie horrifique (Frissons d'outre-tombe), Kevin Connor renoue à son premier amour avec le cultissime Nuits de Cauchemar. Film d'horreur semi-parodique imprégné d'humour noir, cette farce macabre marqua toute une génération de cinéphiles par le truchement de son concept insolite culminant vers un duel à la tronçonneuse ! Propriétaires d'un motel et fermiers réputés pour la fabrication artisanale de leur viande fumée, Vincent et sa soeur kidnappent des touristes pour les enterrer vivant dans un jardin secret. Mais après avoir sauvé la vie d'une jeune fille lors d'un accident de moto et l'avoir recueilli chez lui, la vie de Vincent en est perturbée depuis que cette dernière lui avoue ses sentiments, et ce en dépit de la jalousie grandissante de sa soeur. 


Avec un pitch aussi grotesque que débridé, Nuits de Cauchemar ne peut qu'enthousiasmer le fantasticophile avide d'histoires singulières si bien que Kevin Connor redouble d'ironie dans les sarcasmes du duo psychopathe raillant plaisamment leurs victimes, comme des extravagances de certains seconds-rôles égrillards. Sur ce dernier point, je pense en priorité au couple de touristes venus louer une chambre pour pratiquer leurs jeux sado-maso parmi la complicité des fermiers. Ou encore la présence envahissante du shérif du coin (le frère de Vincent !), épris également d'amour pour la jeune rescapée mais toujours aussi empoté à tenter de la courtiser. On est également surpris du caractère attachant des meurtriers anthropophages dans leur bonhomie à accueillir leur clientèle autour d'un charmant cadre bucolique, et ce malgré leurs inexcusables exactions exercées la nuit tombée. En prime, leur volonté d'éluder la souffrance des victimes avant l'abattage et la raison écolo pour laquelle ils décident d'en cuisiner leur chair renforcent le caractère altruiste de leur déontologie ! Enfin, parmi la romance entamée entre la rescapée et le sexagénaire Vincent, on se prend d'une certaine empathie pour leur liaison improbable du fait de leur différence d'âge et de la pathologie régressive de ce dernier. Bien évidemment, au-delà de la sympathie qu'exercent tous ces personnages déjantés, l'aspect jouissif de Nuits de Cauchemar émane surtout des effets de surprise macabres lorsque les victimes enterrées s'efforcent d'écrier des râles de mécontentement dans leur condition de "légume".  


Soutenu par la mélodie suave de Lance Rubin, Nuits de Cauchemar ne cesse d'impliquer la sympathie parmi l'exubérance des personnages et de son concept meurtrier littéralement incongru. Ajoutez à cela une ambiance macabre des plus insolites, une pincée de gore vers son point d'orgue belliqueux et un humour noir plutôt couillu et vous obtenez une farce sardonique d'une inépuisable fringance ! 

Bruno Dussart
4èx

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