lundi 23 avril 2012

FRAYEURS (La Paura / Paura nella città dei morti viventi / City of the Living-Dead)

                                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site paperblog.fr

de Lucio Fulci. 1980. Italie. 1h32. Christopher George, Catriona MacColl, Carlo De Mejo, Antonella Interlenghi, Giovanni Lombardo Radice, Daniela Doria, Fabrizio Jovine, Luca Venantini.
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Sortie salles France: 10 Décembre 1980. U.S: Mai 1983
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FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996. 1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur,1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977 :L'Emmurée vivante, 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981 : La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York , 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable , 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio,1988 : les Fantomes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence.

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Un an après l'Enfer des zombies, Lucio Fulci continue d'apporter sa touche singulière avec Frayeurs, second volet d'une quadrilogie érigée sur le mythe du zombie latin. Véritable poème putride où les morts tourmentent les vivants par l'entremise de la peur, cette clef de voûte du cinéma transalpin insuffle un sentiment perpétuel de peur tangible au point d'obséder son spectateur. D'ailleurs, le public du festival du Rex ne s'y est pas trompé si bien qu'il lui attribua personnellement son Grand Prix à Paris ! A Dunwich, le père Thomas se pend dans un cimetière. Depuis ce suicide improbable, un climat de peur s'empare des habitants convaincus que les morts se relèvent de leur tombe pour venir les persécuter. Une médium, un journaliste, un psychiatre et l'une des ses patientes décident de retrouver sa tombe avant la veillée de la toussaint et avant que les morts ne s'emparent de notre monde. 
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En 1979, l'Enfer des Zombies avait déjà conquis le public du monde entier grâce à sa disparité  d'horreur exotique et de gore subversif. Un an plus tard, Lucio Fulci transcende son ambition de provoquer l'effroi chez nous avec Frayeurs. Sa pièce maîtresse indéfectible souvent collationnée avec l'Au-delà, l'autre chef-d'oeuvre pictural imputé au destin maudit d'un peintre immolé ! La trame toujours aussi simpliste reste quasi inchangée ! Un quatuor d'acolytes se réunissent pour enrayer la menace toujours plus hostile de morts-vivants en ascension. Ces derniers s'exhumant de leur tombe par la faute du suicide blasphématoire du prêtre mécréant. Nos protagonistes sont donc contraints de retrouver son caveau pour pouvoir refermer la porte de l'enfer avant l'aube de la toussaint. Un script linéaire vite emballé, prétexte à un florilège d'évènements sanglants estomaquants et surtout conçu pour distiller une ambiance de peur qui va littéralement plaqué le spectateur à son fauteuil. Son incroyable efficience émane du talent inné de son réalisateur à façonner un véritable climat de trouille à l'aura d'onirisme macabre ! A l'instar d'un cauchemar éveillé, nous assistons donc à une succession d'épisodes cinglants conçus pour nous prouver l'existence de morts exhumés de l'au-delà. Sous l'autorité d'un prêtre reniant sa foi, ces charognes de l'enfer se destinent à revenir sur terre pour déverser leur immondice. Et à la manière d'ectoplasmes, ils se jouent notamment de leur présence immatérielle afin d'apparaître et disparaître à leur gré !
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L'atmosphère mortifère qui émane de la réalisation assidue de Fulci nous immerge totalement de son pouvoir d'étrangeté. Et à ce niveau, le poète du macabre nous élabore un florilège d'images horrifiantes ancrées dans un morbide révulsif (les apparitions saisissantes d'Emilie, du prêtre et de la grand-mère, la pluie d'asticots déversés sur nos héros, ou encore le lyrisme du point d'orgue confiné dans les souterrains d'un caveau azur). Les scènes gores concoctées par l'artisan Gianetto De Rossi (la femme pleurant des larmes de sang puis dégobillant ses viscères par la bouche, ou l'illettré trépané à la perceuse) nous éprouvent par leur impact réaliste aussi incisif qu'innovant. Parmi la fidélité d'une équipe de techniciens factuels, il est impossible d'occulter l'incroyable partition funèbre de Fabio Frizzi. Mélodie brutale et percutante, parfois même chorégraphiée afin de scander ces séquences flamboyantes (le ballet final régi sous la grotte des damnés), sans compter l'utilisation judicieuse d'une bande son ombrageuse exacerbant les râles agonisants de lépreux anémiques. Des postures latentes camouflées derrière le grincement de portes et placards poussiéreux !
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Danse Macabre
Faisant preuve d'ambition à travers sa fulgurance macabre et redoublant de virtuosité, d'audaces et d'inventivité (notamment cette séquence de claustration qu'une victime éprouve en interne de son cercueil) à extérioriser la prédominance de la peur, Frayeurs nous frappe de plein fouet par son atmosphère morbide en crescendo. A la manière d'un ballet spectral, les fantômes insidieux imaginés par Fulci envahissant la terre pour propager mort et désolation et d'y contaminer les vivants étourdis de leur emprise. Pour parachever, s'il y avait un conseil à préconiser au spectateur afin de mieux savourer son essence de terreur, ce serait de le (re)voir seul la nuit avec le volume de votre ampli majoré ! Frayeur garantie !

Bruno Dussart
Dédicace à Mr Fabio Frizzi et Masonna Maruosa Matsumoto
Un grand merci à Paperblog.fr
23.04.12.

Récompense: Grand Prix du Public au festival du film fantastique du Rex à Paris, 1980.

A lire également, l'excellente critique chroniquée par Leatherfacehttp://deadstillalive.canalblog.com/archives/2011/09/25/22136386.html


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