jeudi 15 novembre 2012

L'ARBRE DE NOEL (The Christmas Tree / When Wolves Cry)

                                                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site femme-de-sable.skyrock.com

de Terence Young. 1969. Italie/France. 1h48. Avec William Holden, Brook Fuller, Bourvil, Virna Lisi, Madeleine Damien, Friedrich von Ledebur, Mario Féliciani, Michel Thomass, Georges Douking.

Sortie salles France: 15 Octobre 1969

FILMOGRAPHIE: Terence Young est un réalisateur et scénariste britannique, né le 20 Juin 1915 à Shangaï (Chine), décédé le 7 Septembre 1994 à Cannes (France) d'une crise cardiaque.
1946: La Gloire est à eux. 1948: l'Etrange Rendez-vous. 1948: One night with you. 1949: Les Ennemis Amoureux. 1950: Trois des Chars d'Assaut. 1951: La Vallée des Aigles. 1952: The Tall Headlines. 1953: Les Bérets Rouges. 1955: La Princesse d'Eboli. 1955: Les Quatre Plumes Blanches. 1956: Safari. 1956: Zarak le valeureux. 1957: Au bord du Volcan. 1958: La Brigade des Bérets noirs. 1959: Serious Charge. 1960: Les Collants Noirs. 1960: La Blonde et les nus de Soho. 1961: Les Horaces et les Curiaces. 1962: James Bond contre Dr No. 1963: Bons baisers de Russie. 1965: Les Aventures amoureuses de Moll Flanders. 1965: Guerre Secrète. 1965: Opération Tonnerre. 1966: Opération Opium. 1967: Peyrol le boucanier. 1967: La Fantastique Histoire vraie d'Eddie Chapman. 1967: Seule dans la nuit. 1968: Mayerling. 1969: l'Arbre de Noel. 1970: De la Part des Copains. 1971: Soleil Rouge. 1972: Cosa Nostra. 1974: Les Amazones. 1974: The Klansman. 1977: Woo fook. 1979: Liés par le sang. 1981: Inchon. 1983: La Taupe. 1988: Run for your Life.


Classique télévisuel des fêtes de fin d'année, ce mélodrame conçu par un vétéran du cinéma populaire garde intact son impact émotionnel quand il s'agit de nous faire partager les derniers instants de vie d'un enfant atteint de leucémie. D'après le roman de Michel Bataille, ce réquisitoire contre le péril nucléaire ne peut laisser indifférent face à l'iniquité de la maladie incurable, surtout quand elle décide de s'acharner sur une personne du plus jeune âge. Indubitablement, certains spectateurs réfractaires à ce genre de mélodrame trouveront toujours matière à reprocher sa dramaturgie emphatique. Pourtant, il s'agit ici d'une oeuvre intègre et sensible, réfutant le pathos racoleur, alors que la brutalité de son épilogue irréversible surprend par sa radicalité. Avec les poignantes compositions de William Holden , Virna Lisi, le petit Brook Fuller et l'aisance naturelle de Bourvil (dans un rôle à contre-emploi), Terence Young nous expose un conte de noël bouleversant et désenchanté. Si le discours moralisateur sur les dangers du nucléaire se révèle peut-être un brin caricatural, la leçon de dignité que nous véhicule le réalisateur emporte tout sur son passage pour évoquer avec pudeur la quotidienneté d'une famille unie, délibérée à combler les attentes d'un enfant conscient de sa déveine. Et pour s'accommoder à cette injustice inacceptable, nos protagonistes se réconfortent donc sur l'instant présent de l'existence afin de prodiguer sans modération l'amour et l'aubaine qu'un enfant fustigé doit récolter. Profiter pleinement de l'épanouissement en communauté avant de devoir se confronter à la perte soudaine de l'être cher. De manière latente, le réalisateur illustre notamment l'angoisse de l'attente émise chez la famille car redoutant bientôt la fin inévitable. Alors que le malade, conscient de sa déchéance, est intrinsèquement épris d'une anxiété viscérale émanant de son subconscient.


Sous un climat hivernal rigoureux au confins des fêtes de Noel, Terence Young introduit notamment une nuance poétique teintée de mélancolie dans la relation fraternelle que Pascal va entretenir avec un couple de loups. Des mammifères sauvages que son père Laurent et Verdun avaient décidé de dérober en interne d'un zoo pour l'offrande d'un voeu utopiste. Outre son sujet grave alloué au thème de la pathologie incurable et les effets pervers du danger atomique, l'Arbre de Noel doit son acuité émotionnelle à l'harmonie commune de ses interprètes. Dans le rôle de Pascal, le jeune Brook Fuller ne peut qu'émouvoir en tant qu'enfant martyr destiné à mourir. Mais il trouve le juste équilibre à extérioriser une gentillesse spontanée et une maturité responsable sans appuyer sur la corde sensible. Dans celui du comparse bienveillant à la bonhomie naturelle, Bourvil surprend par sa sobriété inhabituelle pour transmettre son indignation et sa peine face aux conséquences délétères du péril nucléaire. En maîtresse férue d'amour pour sa nouvelle liaison avec Laurent, la ravissante Virna Lisi entretient une présence discrète à s'isoler volontairement dans son pavillon afin de ne pas perturber l'équilibre de Pascal. Mais une femme avenante pourvue d'un esprit maternel quand elle décide de rejoindre Pascal et Laurent réfugiés à la maison de campagne pour la veillée de Noel. Enfin, William Holden incarne avec une poignante conviction un homme d'affaires épris de rancoeur pour la bêtise humaine mais féru d'amour pour son enfant. Un paternel altruiste délibéré à le combler par un florilège de cadeaux mais surtout lui accorder la compagnie attendrie de loups sauvages.


Hormis quelques maladresses et une certaine naïveté impartie à certains dialogues, l'Arbre de Noel est un mélodrame humble et bouleversant dont l'issue cinglante, tragiquement irréversible, nous ébranle de plein fouet jusqu'au traumatisme. Soutenu par l'illustre mélodie de Narciso Yepes, ce conte de noël à la mélancolie vulnérable est une leçon de dignité humaine pour prémunir l'être aimé jusqu'au dernier souffle. 

15.11.12. 4èx
Bruno Matéï

                                          

1 commentaire:

  1. Salut,
    Je vous propose un échange de lien si vous le voulez bien.. Voici mon site : http://www.vivlajeunesse.fr/

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