vendredi 16 mars 2018

LE MARGINAL

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Jacques Deray. 1983. France. 1h39. Avec Jean-Paul Belmondo, Henry Silva, Carlos Sotto Mayor, Pierre Vernier, Maurice Barrier, Claude Brosset, Tchéky Karyo.

Sortie salles France: 26 Octobre 1983

FILMOGRAPHIEJacques Deray, né Jacques Desrayaud le 19 février 1929 à Lyon, et mort le 9 août 2003 à Boulogne-Billancourt, est un réalisateur de cinéma français. 1960 : Le Gigolo. 1963 : Rififi à Tokyo. 1963 : Symphonie pour un massacre. 1965 : Par un beau matin d'été. 1966 : Avec la peau des autres. 1966 : L'Homme de Marrakech. 1969 : La Piscine. 1970 : Borsalino. 1971: Doucement les basses. 1971 : Un peu de soleil dans l'eau froide. 1972 : Un homme est mort. 1974 : Borsalino & Co. 1975 : Flic Story. 1977 : Le Gang. 1978 : Un papillon sur l'épaule. 1980 : Trois hommes à abattre. 1982 : Les Secrets de la princesse de Cadignan. 1983 : Le Marginal. 1983 : Credo (TV). 1985 : On ne meurt que deux fois. 1987 : Le Solitaire. 1987 : Maladie d'amour. 1989 : Les Bois noirs. 1991 : Contre l'oubli. 1991 : Netchaïev est de retour. 1993 : Un crime. 1994 : 3000 Scénarios contre un virus (segment « Arnaud et ses copains »). 1994 : L'Ours en peluche. 1998 : Clarissa (TV). 2000 : On n'a qu'une vie (TV). 2001 : Lettre d'une inconnue (TV).


               Un divertissement sans prétention taillé sur mesure pour Bébel et la génération 80.

En pleine notoriété depuis Le Professionnel et l'As des as, Bebel récidive avec Le Marginal si bien que le public se rue à nouveau en masse (4 956 822 entrées) pour assister à ces nouveaux exploits clairement influencés par les récents succès d'Un justicier dans la ville, de l'Inspecteur Harry (et de l'Anti-gang me chuchote Jean François Dupuy). Belmondo endossant le rôle burné d'un commissaire aux méthodes expéditives afin de démanteler une filière de drogue commanditée par le trafiquant Meccaci (campé par le vétéran Henry Silva au charisme patibulaire saillant). Si l'intrigue éculée n'apporte rien de neuf pour le genre, Jacques Deray  (Borsalino 1 et 2, La Piscine, Flic Story, 3 Hommes à abattre, On ne meurt que 2 fois) possède suffisamment de métier et de savoir-faire pour nous emballer un divertissement d'action mené tambour battant dans son lot de poursuites en voitures et hélico, règlements de comptes sanglants et bastons épiques (celle du bistrot s'avère la plus jouissive dans ses accents semi-parodiques que n'aurait renié Bud Spencer) au coeur d'une faune parisienne peu fréquentable.


D'ailleurs, Deray en profite pour nous dresser une visite nocturne dans ses bas-fonds malfamés (trafic sexuel chez des antillais, corruption dans une boite gay, tapin sur les trottoirs de Pigalle) que Bébel arpente quotidiennement sourire aux lèvres pour interroger anciennes connaissances, complices influents et témoins dévoués. Sur ce dernier point, on peut notamment apprécier la présence divinement lascive de la brésilienne Carlos Sotto Mayor assez crédible en prostituée au grand coeur si bien qu'elle forma un couple à la ville avec Bébel dès la sortie du film. Outre son rythme nerveux fertile en humour et action, Le Marginal ne serait après tout qu'un banal divertissement policier s'il ne bénéficiait de l'icone fringante Jean-Paul Belmondo portant le film de ses larges épaules avec autant de force tranquille que de cool attitude. Ce dernier parvenant à dynamiser l'intrigue dans sa bonne humeur sans fard, sa démarche distinguée et son sens adroit de l'offensive outrepassant sans gêne la légalité.


C'est donc avec un pincement au coeur que la génération 80 pourra à nouveau accueillir Le Marginal sous l'impulsion entêtante de la mélodie de Morricone ! De par son charme rétro héritier d'une époque obsolète (la défroque des acteurs et son urbanisation estampillée "80" parmi ses bistrots à flipper et ses marchés publics) où la symbiose des acteurs virils emportaient tout sur leur passage.  

* Bruno

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