jeudi 18 août 2016

POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS

                                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site actionmovie.kronosline.com 

"Per un pugno di dollari" de Sergio Leone. 1964. Italie. 1h36. Avec Clint Eastwood, Gian Maria Volontè, Sieghardt Rupp, Wolfgang Lukschy, Marianne Koch, José Calvo, Joseph Egger, Antonio Prieto.

Sortie salles France: 16 Mars 1966. Italie: 12 Septembre 1964.

FILMOGRAPHIE: Sergio Leone est un réalisateur, scénariste et producteur italien, né le 3 Janvier 1929 à Rome, décédé le 30 Avril 1989.
1959: Les Derniers Jours de Pompéi, 1960: Sodome et Gomorrhe, 1961: Le Colosse de Rhodes, 1964: Pour une poignée de Dollars, 1965: Et pour quelques Dollars de plus, 1966: Le Bon, la Brute et le Truand, 1968: Il Etait une fois dans l'Ouest, 1971: Il était une fois la Révolution, 1973: Mon Nom est Personne (co-réalisé avec Tonino Valerii), 1975: Un Génie, deux Associés, une Cloche (co-réalisé avec Damiano Damiani), 1984: Il Etait une fois en Amérique, 1989: Les 900 jours de Leningrad (inachevé).


Succès international célébrant l'avènement du Western Spaghetti,  Pour une poignée de dollars fut sifflé par les critiques françaises de l'époque lui reprochant sans doute sa violence et son sadisme au sein d'un climat poisseux de dégénérescence immorale. A l'instar du massacre lâchement perpétré par Ramon et ses sbires contre les Baxter ou lors de leur passage à tabac infligé sur l'homme sans nom. S'inspirant d'un classique d'Akira Kurosawa, Yojimbo, Pour une poignée de dollars dépeint avec stylisme singulier (entendez par là, pour le genre !) la confrontation ardue entre deux clans de contrebandiers quand bien même un étranger américain viendra s'immiscer entre eux pour y semer la zizanie et réparer justice auprès de la population et du gouvernement.


Dans un rôle taillé sur mesure, Clint Eastwood crève l'écran dans sa carrure placide de redresseur de tort inscrit dans la loyauté et la bravoure. Nanti d'un charisme viril à travers l'intensité d'un regard reptilien, il magnétise ses rivaux lors de duels déjà emphatiques (zooms sur les regards en sueur, plans larges et iconiques de tronches insalubres aux yeux perçants) que Sergio Leone peaufinera avec d'autres westerns plus emblématiques (Et pour quelques dollars de plus, Il était une fois la Révolution, Le Bon, la Brute et le Truand et surtout le légendaire et inoxydable Il Etait une fois dans l'Ouest). Dosant efficacement humour noir, drame et action sous l'impulsion de subterfuges qu'exécute en catimini l'Etranger, Pour une poignée de dollars enchaîne les attaques et contre-attaques entre clans avant que ces derniers ne cernent la cause de leur discorde. Fort d'une violence réaliste inhabituelle pour le genre, et outre sa galerie de trognes burinées que les seconds-rôles se partagent de façon viciée, la présence cynique de Gian Maria Volontè renforce à merveille le climat putassier du cadre asséché de l'action ! Littéralement habité par sa prestance impudente, l'acteur se prête au jeu du leader sans vergogne avec une expressivité sadique. Outre le soin imparti à la structure narrative et à l'esthétisme vétuste du climat de désolation (photo sépia à l'appui), Sergio Leone convoque également le maestrio Ennio Morricone pour parfaire l'émotion des enjeux humains. Ce dernier composant avec une ambition sans retenue diverses mélodies par l'entremise d'un lyrisme tantôt solennel, tantôt enjoué.


Bien que Pour une poignée de dollars s'avère le western spaghetti le moins réussi de sa filmographie, Sergio Leone est tout de même parvenu avec ce premier essai à créer et imposer son style si bien que les duels archétypaux qui empiètent parfois l'intrigue font déjà preuve d'une vibrante intensité émotionnelle ! Un classique du genre avant-gardiste dont les effluves du temps ne semblent avoir aucune emprise.  

B-M

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