mardi 4 février 2014

X TRO. Licorne d'Or à Paris, 1983

                                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site esplatter.com

de Harry Bromley Davenport. 1983. Angleterre. 1h27. Avec Philip Sayer, Bernice Stegers, Maryam d'Abo, Danny Brainin, Simon Nash, Peter Mandell.

Récompenses: Licorne d'Or au Festival du film fantastique de Paris, en 1983.
Prix des Meilleurs Effets-spéciaux à Porto, 1984.

FILMOGRAPHIE: Harry Bromley Davenport est un réalisateur anglais, né le 15 Mars 1950.
1976: Whispers of Fear. 1983: X Tro. 1990: X Tro 2. 1995: X Tro 3. 1996: Life among the Cannibals. 1998: Horton, drôle de sorcier. 1998: Erasable You. 2001: L'Enfant Sauvage.


Ovni atypique dans le paysage de la science-fiction, X Tro aura marqué une génération de cinéphiles lors de sa sortie en salles et en Vhs, mais aussi lors de sa diffusion sur la chaîne cryptée Canal +. C'est d'ailleurs l'un des premiers films d'horreur à avoir été programmé en seconde partie de samedi soir, rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de frissons ludiques ! Auréolé de la Licorne d'Or au Rex de Paris, X tro n'a pas volé sa réputation d'objet culte tant le film insuffle un pouvoir de fascination étrangement bicéphale. Dans le sens où il ne cesse de jongler avec l'horreur malsaine et l'anticipation onirique !
Après avoir été enlevé par des extra-terrestre, un père de famille retrouve son foyer 3 ans plus tard pour découvrir que son épouse le trompe avec un amant. Délibéré à protéger son fils, il lui enseigne d'étranges pouvoirs afin de le préparer à rejoindre sa planète lointaine. 
  

Si ce bref résumé peut paraître assez banal et nébuleux, le réalisateur réussit à s'extraire de la conformité avec un sens de l'imagination singulière. Pour exemple, afin de pouvoir retrouver les siens, le père disparu revient sur terre sous l'apparence (inexpliquée !) d'une créature patibulaire et doit violer une femme afin d'être enfanté et retrouver sa forme humaine originelle ! Cette séquence malsaine totalement improbable subjugue le spectateur par son effet de surprise inapproprié et le côté réaliste d'une situation scabreuse n'épargnant pas les détails morbides (excréments sortis du vagin de la victime et cordon ombilical arraché à pleines dents !). Du jamais vu pour l'époque, et encore aujourd'hui, aucun réalisateur n'a osé dupliquer pareille idée incongrue ! D'autres moments forts, dérangeants ou insolites, émaillent l'intrigue sans prévenir, à l'instar du fils de Sam doué d'étranges pouvoirs télépathiques et au cours duquel ses jouets vont prendre vie pour importuner ses proches. Ce côté surnaturel parfois incompréhensible (Sam et Tony aspirent par la peau des victimes une étrange sève de leur métabolisme, quand bien même une femme est réduite à l'état de cobaye afin de féconder des oeufs d'alien !) est accentué par la caractérisation équivoque du père amnésique. Un homme en phase de mutation dont l'unique aspiration semble de vouloir procréer une nouvelle race d'E.T avant de prendre la poudre d'escampette avec son fils ! Si la réalisation manque de maîtrise et que la direction d'acteur s'avère timorée, ses défaillances se prêtent plutôt bien au climat d'inquiétude que le cinéaste entretient à l'aide d'un score synthétique aussi dissonant qu'envoûtant !


Hermétique, fascinant et malsain, X Tro tire parti de sa modestie budgétaire avec une inventivité à revendre et des maquillages artisanaux soigneusement confectionnés (on reste encore impressionné par la morphologie de la créature et l'esthétisme baroque imparti au cadavre d'Analise !). Son ambiance hybride littéralement captivante reste l'atout majeur d'une bande de science-fiction imprégnée de vitriol ! Une perle de déviance en somme !

Note importante ! Le dvd édité par Mad Movies reprend la fin alternative imposée par les producteurs. Une conclusion moins onirique et plus grand-guignol que celle diffusée en salles, en vhs et sur Canal +. Il est regrettable de ne pas avoir inséré en guise de bonus sa fin originelle beaucoup plus fantasmagorique et diaphane !

Dédicace à Dany Dumont
Bruno Matéï


2 commentaires:

  1. Je ne connais que la fin du Dvd paru avec Mad et il faut avouer qu'elle n'est pas terrible !

    J'étais content de voir ce film tout de même surtout que les simples photos entrevues à l'époque dans les pages de mad ont hanté mes rêves durant de longues années. j'avais 12-13 ans au moment de sa sortie ciné et j'étais très impressionnable alors j'ai évité d'aller le voir.
    Vu seulement il y a quatre ans j'ai beaucoup apprécié cette oeuvre malgré des effets spéciaux fauchés et datés. Mélange de S-F et de fantastique, aux idées incroyables (séance d'accouchement, le cocon, le final) je suis d'accord avec toi à propos de son ambiance unique et cronenbergienne qui malgré une photographie britannique un peu fade par moments et des cadres un peu hasardeux fait de ce film une vraie pépite. Franchement je suis surpris qu'un cinéaste ne se soit pas encore lancé dans une relecture de cette oeuvre qui mérite vraiment d'être qualifiée de culte.
    jai envie de le revoir du coup.
    et au fait j'ai passé un bon moment devant le guerrier de l'espace, merci.

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  2. Très kitch le Guerrier... mais si charmant ! ^^

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