mercredi 25 avril 2012

HURLEMENTS (The Howling). Prix de la Critique à Avoriaz, 1981

                                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinemovies.fr

de Joe Dante. 1980. U.S.A. 1h31. Avec Dee Wallace, Patrick Macnee, Dennis Dugan, Christopher Stone, Belinda Balaski, Kevin McCarthy, John Carradine, Slim Pickens, Elisabeth Brooks, Robert Picardo.

Sortie salles France: 21 Janvier 1981. U.S: 10 Avril 1980

Récompense: Prix de la Critique à Avoriaz 1981

FILMOGRAPHIE: Joe Dante (né le 28 novembre 1946 à Middletown, New Jersey) est un critique, scénariste, monteur, producteur et réalisateur américain. Son plus grand succès populaire est, à ce jour, Gremlins (1984).
1966-1975 : The Movie Orgy 1976 : Hollywood Boulevard, co-réalisé avec Allan Arkush 1978 : Piranhas (Piranha),1981: Hurlements (The Howling) 1983 : La Quatrième Dimension (Twiling Zone the Movie), troisième épisode, Its a Good Life 1984 : Gremlins 1985 : Explorers 1987 : Cheeseburger film sandwich (Amazon Women on the Moon), 5 sketches 1987 : L'Aventure intérieure(Innerspace)1989 : Les Banlieusards (The 'burbs) 1990 : Gremlins 2, la nouvelle génération (Gremlins 2 The New Batch) 1993 : Panic sur Florida Beach (Matinee) 1998 : Small Soldiers 2003 : Les Looney Tunes passent à l'action (Looney Tunes : Back in Action) 2006 : Trapped Ashes , premier segment,Wraparound 2010 : The Hole.


Trois ans après Piranhas, démarquage semi parodique des Dents de la mer, Joe Dante livre avec Hurlements sa déclaration d'amour au mythe séculaire du loup-garou, dépoussiéré ici dans un contexte contemporain. Saupoudré d'humour noir sous-jacent et de clins d'oeil allusifs, cette référence du cinéma fantastique moderne doit aussi son salut au talent respectif des maquilleurs Rob Bottin et Rick Baker. Plus de 30 ans après sa sortie, Hurlements resplendit toujours autant dans sa conviction de nous faire croire à l'existence du lycanthrope. Une journaliste de renom, Karen White, doit aborder un mystérieux individu du nom d'Eddie Quist. Après que ce dernier ait pu entreprendre un point de rencontre dans un sex-shop, elle se retrouve embrigadée dans une pièce close parmi sa présence. Prise de panique, elle clame un appel au secours ! Alors qu'un véhicule de police patrouillait à proximité, l'un des flics pointe son arme en direction de l'agression et abat froidement le tueur. Souffrant d'amnésie, Karen et son mari sont envoyés dans un séminaire de repos sous les conseils du Dr George Waggner.


Sorti la même année, à quelques mois d'intervalle d'un autre fleuron du genre, Le Loup-Garou de Londres de John Landis, Hurlements possède une certaine parité. Un esprit sarcastique influencé par l'humour noir, un contexte moderne pour raviver son monstre iconique et des effets spéciaux révolutionnaires toujours aussi bluffants et acérés. Si ce joyau de série B reste en l'occurrence toujours aussi savoureux, c'est dans la maîtrise formelle allouée à son réalisateur et à son comité de techniciens. L'ironie corrosive qui se détache de cette confrérie émane de la personnalité du Dr Wagner. Un psychologue affable contraint de permettre à ses patients de canaliser leurs pulsions primitives vouées au meurtres sauvage. Dans notre civilisation moderne, nos loups-garous réactionnaires sont donc acculés à refréner leur instinct animal pour se contenter de consommer des bovins domestiques. Bien entendu, les plus anarchistes d'entre eux vont bafouer leur déontologie pour extérioriser leur besoin primitif de chair fraîche !


Les décors champêtres d'une forêt nocturne imprégnée de brume, la photographie saturée de teintes azurs et orangées réconfortent simultanément une ambiance crépusculaire des plus fantasmagoriques. Avec une poignée d'illustres comédiens et de seconds couteaux du ciné de genre (John Carradine, Dick Miller, Belinda Balaski, Kevin McCarthy, la charmante Dee Wallace et enfin Patrick MacNee), Hurlements transcende le conte moderne imprégné de dérision et d'érotisme (les amants de la pleine lune en étreinte). Sa structure narrative particulièrement efficiente et l'intensité de la partition musicale orchestrée par Pino Donaggio sont d'autant mieux valorisés d'FX artisanaux du plus bel effet. Pour preuve, la séquence de métamorphose qui voit Eddie se transformer lentement en lycanthrope reste un moment d'anthologie impressionnant de rigueur ! En prime, le climat angoissant résultant de certaines embuscades proférées aux héroïnes exacerbent son pouvoir irrésistible d'inquiétude. D'autant plus que la menace hostile est sous-entendue par le beuglement de hurlements perçus du fond de la forêt.


Mis en scène avec l'autorité d'un cinéaste transi d'amour pour son bestiaire légendaire, Hurlements fait figure de référence incontournable. Reste à savoir qui pourra égaler un jour, sinon transcender, son talent artisanal épaulé d'une équipe d'illusionnistes. Les chefs-d'oeuvre sont inaltérables et, à l'instar du Loup-garou de Londres et de la Nuit du Loup-garou, Hurlements fait indubitablement parti de cette généalogie !

La Chronique du Loup-garou de Londres: http://brunomatei.blogspot.fr/…/le-loup-garou-de-londres-os…

25.04.12
Bruno Matéï.


1 commentaire:

  1. mon film d'horreur préféré, du très lourd. EDDY QUIST.............

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