mercredi 1 février 2012

LE BOSSU DE LA MORGUE (El Jorobado de la Morgue). Uncut Version.


de Javier Aguirre. 1973. Espagne. 1h19. Avec Jacinto Molina (Paul Naschy), Rosanna Yanni, Victor Alcazar, Maria Elena Arpon, Maria Perschy, Alberto Dalbés.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Javier Aguirre Fernandez est un réalisateur, écrivain, compositeur, directeur de photographie, producteur, scénariste espagnol, né le 13 Juin 1935.
1965: Los oficios de Candido. 1967: Los Chicos con las chicas. 1968: Los Dué tocan el piano. 1969: Una vez al ano ser hippies ne Dano Lievre. Soltera y madre en la vida. 1970: De profesion, sus labores. El Astronauta. Pierna Creciente, falda Menguante. 1972: Soltero y padre en la vida. 1973: Le Bossu de la Morgue. Volveré une nacer. 1974: El Insolito embarazo de los Martinez. Le Grand Amour du Comte Dracula. Vida Intima de séducteur de l'ONU cinico. 1977: Acto de posesion. 1981: Rocky Carambole. 1987: La Députée. 1988: El Amor si tiene cura. 1991: Voz. 2002: Zéro / Infinito. 2003: Variaciones 1 / 113. 2006: Médée. Dispersion de la Luz.

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Film phare du cinéma ibérique des années 70 réalisé par un cinéaste prolifique, Le Bossu de la Morgue est un ovni rare et précieux pour tout amateur de bisserie déviante au mauvais goût prononcé. Pour preuve, la légende évoque qu'un véritable cadavre aurait été utilisé lors d'une séquence où notre bossu Gotho se résout à décapiter un vieillard dans une chambre d'hôpital (personnellement, je n'y crois pas une seconde). Pour énoncer une autre anecdote (cette fois-ci fiable !), une vraie morgue aura été utilisé pour l'un de ses décors avec l'accord du directeur de l'établissement. A titre subsidiaire, les rats utilisés dans le film sont de véritables rongeurs sacrifiés pour l'occasion. C'est à dire brûlés vifs dans une totale négligence ! Gotho est un bossu déficient travaillant pour l'entretien d'une morgue. Amoureux d'une jeune amie d'enfance, ce vagabond solitaire lui ramène des fleurs depuis qu'elle est hospitalisée pour une grave pathologie. Malheureusement, la fille décède mais Gotho, fou de chagrin, décide d'enlever son cadavre pour s'occulter sous des catacombes. Avec l'aide d'un chirurgien sans vergogne qui lui promet de rendre la vie à sa défunte, le bossu va devoir profaner divers cadavres, assassiner des innocents puis ravir des jeunes femmes pour ainsi pouvoir créer un être artificiel. 
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En revoyant aujourd'hui Le Bossu de la Morgue, on se surprend toujours de l'incroyable alchimie qui en résulte. Entre le nanar involontairement risible (Paul Naschy, en séducteur déficient est irrésistible de cabotinage !) et la série B d'exploitation engagée dans l'outrance et le délire assumé, cette énorme farce morbide doit son salut à un scénario anarchique proprement halluciné ! En brassant les thèmes de l'immortalité, de la monstruosité humaine et de la nécrophilie, ce bordel outrageant se vautre dans le grand guignol, le mauvais goût et l'horreur gothique avec un bonheur communicatif. Influencé par le mythe de Frankenstein et Notre Dame de paris, Javier Aguirre nous concocte un bijou d'horreur glauque avec cette touche ibérique si singulière dans l'illustration ostentatoire de cadavres putréfiés, de catacombes poussiéreuses et de scènes gores putrides.
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Il fallait déjà oser confier le premier rôle à un bossu rétrograde, perpétrant d'horribles méfaits pour l'amour d'une défunte parce qu'un médecin mégalomane lui aura garanti sa résurrection. Dès lors, on ne sait plus s'il faut s'apitoyer sur son sort ou à contrario le condamner dans ses élans sanguinaires particulièrement sadiques ! Et quand Gotho est naturellement courtisé par une jolie blonde éprise d'empathie, on se dit que la vraisemblance est totalement éludée dans cette production incongrue affiliant romance déchue et horreur crapuleuse. Jusqu'à y introduire un monstre visqueux friand de chair humaine mais enfermé dans un cachot, fruit des expériences diaboliques d'un médecin cynique et licencieux. A ce titre, le point d'orgue hilarant est digne à figurer dans les anthologies du craignos monsters ! Le charme probant qui résulte du Bossu de la morgue doit également beaucoup à l'interprétation surjouée de Paul Naschy (considérée ici comme l'un de ses rôles les plus majeurs ! ?). En forçant le trait sur son amertume et sa tristesse élégiaque d'avoir perdu sa compagne d'enfance, l'acteur épouse autant un penchant malsain quand il se voit contraint d'assassiner des médecins railleurs pour son infirmité. Mais aussi et surtout ravir d'innocentes victimes pour l'offrande d'un glouton hybride toujours plus carnassier ! L'ambiance gothico morbide émanant de décors décharnés de ruine, d'un labo décrépit ou d'un petit village autrichien nappé de brume renforce aussi son atmosphère baroque alors que notre bossu tapi dans l'ombre déambule dans la nuit pour choisir sa nouvelle proie ou profaner un cadavre putréfié !
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Quasimodo et Frankenstein font l'Espagne !
Emaillé de scènes gores parfois couillues, d'une ambiance putride tangible et scandé par son thème musical, Le Bossu de la Morgue est un sommet d'horreur ibérique réfractaire du politiquement correct ! Son incroyable alliage de gore craspec et d'horreur vétuste baignant dans un racolage jouissif (ah, ces deux nymphettes se fouettant le torse en guise de masochisme !) converge au nanar hybride proprement décadent !

Remerciement à Artus Films
01.02.12. 



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