vendredi 27 janvier 2012

MUTANT (Forbidden World). Grand Prix du Public, Prix des Effets-Spéciaux au Rex de Paris.


d'Allan Holzman. 1982. U.S.A. 1h17 (1h22, Director's Cut). Avec Jesse Vint, Dawn Dunlap, June Chadwick, Linden Chiles, Fox Harris. Produit par Roger Corman.

Sortie salles France: 15 Décembre 1983

FILMOGRAPHIE: Allan Holzman est un réalisateur, monteur, producteur, scénariste américain né en 1946 à Baltimore, Maryland, U.S.A. 1982: Mutant. 1985: Out of Control. Grunt ! The Wrestling Movie. 1987: Programmed to kill. 1991: Intimate Stranger (télé-film). 1996: Survivors of the Holocaust (télé-film). 1998: Old Man River. 2002: Sounds of Memphis (télé-film). 2003: JonBenet Messages from the Grave. 2004: Invisible Art/Visible Artists. 2007: Gullah. 2009: C-C-Cut. 2009: My Marilyn. 2010:  Invisible Art/Visible Artists. 2011: Sheldon Leonard's Wonderful Life.


1980 / 1981, Contamination et Inseminoid sortent successivement sur les écrans afin de concurrencer le succès de Ridley Scott, Alien. En 1981, Roger Corman, déjà producteur de la sympathique bande fauchée La Galaxie de la terreurrenoue avec la science-fiction horrifique en recrutant un jeune réalisateur débutant, Allan Holzman. Présenté au Festival du film fantastique de Paris, Mutant remporte finalement le Grand Prix du Public et celui des Effets-spéciaux, quand bien même au fil des ans, cette série B au budget dérisoire et incarnée par des acteurs de seconde zone va rapidement gagner la ferveur du public au point de le vanter comme meilleur ersatz d'Alien Dans une galaxie lointaine, très lointaine... A bord d'un vaisseau spatial, une équipe de scientifiques tentent de combattre un métamorphe carnivore, fruit de leurs expériences douteuses pour préserver la Terre de la famine. Changeant d'apparence corporelle au fil de son évolution, le spécimen Subject 20 devient de plus en plus hostile envers ses accueillants alors que les cadavres s'amoncellent sans répit.


Revoir Mutant 30 ans après sa sortie dans une version Blu-ray immaculée relève d'une utopie inespérée tant cette production risible accumule avec générosité les situations improbables les plus saugrenues et (involontairement) hilarantes. Comment réussir une production fauchée avec un scénario condensé en une ligne et incarné par des acteurs impayables ? Melting-pot de références empruntées aux succès horrifiques des années 70 et 80, Mutants séduit sans modération son public, témoin d'un cache-cache insolent entre une équipe de scientifiques et un monstre tapi dans les corridors d'un engin spatial. Avec peu de moyens, le réalisateur novice réussit l'exploit de transfigurer son métrage où rien (ou presque) n'est laissé au hasard. Tant pour la qualité de sa photo polychrome, le charisme appuyé de ces interprètes cabotins, les décors futuristes alternant le kitch et l'esthétisme criard de la BD, sa partition au synthé (transcendant au passage une séquence clipesque d'étreinte érotique) que pour ses effets gores souvent impressionnants déployant parfois des séquences hard que n'auraient pu renié nos artisans transalpins. Ajoutez à cela une ambiance glauque magnétique émanant d'une menace sous-jacente, des dialogues puérils du meilleur cru et l'apparence hilarante d'un monstre visqueux, et vous obtenez un sémillant succédané d'Alien !


Si le scénario canonique pivote à n'en plus finir, la mise en scène aussi maladroite qu'inspirée réussit le prodige de scander chaque situation risible afin de nous divertir. Par son rythme vigoureux oscillant action, érotisme soft et scènes sanglantes, et sous l'impulsion de protagonistes bonnards enchaînant les bourdes, Mutant détonne sans jamais lâcher prise ! Et pour parachever, le final complètement incongru en rajoute une louche dans le mauvais goût lorsque notre savant fou (mon personnage préféré tant il éructe et gesticule à grossir sa caricature !) Spoil ! s'immole afin de mettre un terme à la menace carnassière. Par conséquent, atteint d'une tumeur inopérable, ce dernier  sollicitera l'un de ces adjoints à lui éventrer l'estomac (sans anesthésie !) afin de lui soutirer son cancer pour le bazarder dans la gueule du métamorphe ! Une séquence d'anthologie ubuesque générant autant le dégoût par son voyeurisme cracra que l'amusement pour son sarcasme impromptu ! Fin du Spoil.


Dans l'espace, il fait peur du monstre !
Concentré de science-fiction horrifique piquant à tous les râteliers les grands succès de l'époque, Mutant constitue un pétulant défouloir par le principe du nanar 3 étoiles. Le jeu surjoué de sa distribution, la beauté lascive des comédiennes dénudées (anciens modèles du mag Penthouse), son gore festif et les péripéties débridées confinant à la flamboyance d'une pépite Bis décomplexée ! Un sommet de crétinerie assumé donc autant qu'une réussite plastique (souvent) envoûtante dans sa capacité à nous dépayser à travers sa scénographie stellaire. Vers une lointaine galaxie, là où personne ne peut vous entendre crier... 

Dédicace à Daniel Aprin
Eric Binford
27.01.12. 3èx

La Chronique de la Galaxie de la Terreurhttp://brunomatei.blogspot.fr/…/la-galaxie-de-la-terreur.ht…
La Chronique des Monstres de la Merhttp://brunomatei.blogspot.fr/…/06/les-monstres-de-la-mer.h…

RécompensesGrand Prix du PublicPrix des Effets-Spéciaux au festival du film fantastique au Rex à Paris en 1982.

2 commentaires:

  1. La pour le coup tu me donnes vraiment envie de découvrir ce qui me semble être un de mes futurs plaisirs coupables ^^

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  2. Si t'es fan de nanar qui transpire l'amour du genre avec des moyens précaires, alors tu peux y trouver ton compte. Moi, perso, je ne peux pas me passer de ce genre de métrage atypique à leur manière ! d'où mon pseudo hommage !

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