mardi 10 janvier 2012

LONG WEEK-END. Antenne d'Or à Avoriaz en 1979.


de Colin Egleston. 1978. Australie. 1h32. Avec John Hargreaves, Briony Behets, Mike McEwen, Roy Day, Michael Aitkens.

Récompenses: Prix Spécial du Jury, Prix de la critique au festival du Rex à Paris en 1979.
Antenne d'Or au Festival d'Avoriaz en 1979.
Meilleur Film, Meilleur Acteur (John Hargreaves), Prix du Jury de la critique internationale de Sitges en 1978.

FILMOGRAPHIE: Colin Eggleston est un réalisateur australien, né le 23 Septembre 1941 à Melbourne, décédé le 10 Août 2002 à Genève.
1977: Fantasm Comes Again (pseudo Eric Ram). 1978: Long Week-end. 1982: The Little Feller.
1984: Innocent Prey. 1986: Cassandra. 1986: Dakota Harris. 1986: Body Business (télé-film). 1987: Outback Vampires.


En 1978 sort sur les écrans un petit film australien accoutré d'un budget dérisoire et de comédiens méconnus, à l'image de son metteur en scène néophyte. A la surprise générale, les récompenses pleuvent à contrario de son accueil glacial reçu dans son pays d'origine ! Antenne d'Or à Avoriaz, Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique au Rex de Paris, Meilleur Film, Meilleur Acteur pour John Hargreaves et enfin Prix du Jury à Sitges ! 34 ans plus tard et un remake récemment amorcé, ce chef-d'oeuvre écolo garde intact son pouvoir de fascination émanant d'un environnement terriblement anxiogène. Un jeune couple sur le déclin tente de se réconcilier en passant un long week-end dans une nature sauvage aux abords d'une plage. Après avoir planté leur tente sur un bout de terrain vierge, d'étranges évènements inexpliqués vont se produire et semblent vouloir les persécuter. 
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Avec une économie de moyens et sans aucune outrance spectaculaire, Long Week-end tente lestement de nous intriguer et provoquer une peur anxiogène par l'entremise d'un scénario singulier. Un couple en pleine dérive conjugale va tenter de se donner une seconde chance en éludant leur quotidien pour plier bagage vers une destination bucolique le temps d'un long week-end. Dès la mise en place narrative, un soin consciencieux est immédiatement établi dans la caractérisation de ses personnages antipathiques n'assumant aucune considération pour le respect de la faune et de la flore. Le mari obtus, adepte de la chasse et des loisirs du camping, passe son temps à inspecter les alentours d'une végétation florissante avant de décharger sommairement quelques cartouches de fusil sur certains volatiles ou mammifères errants. Sexuellement frustrée et irascible pour cause d'avortement et d'adultère, la mégère s'ennuie lamentablement et se contente de se dorer la pilule au soleil en lisant des magazines érotiques. Totalement impassible à la beauté naturelle du climat bucolique, elle se révèle toute aussi irrévérencieuse auprès de son nouvel environnement. Pour preuve, après que son mari eut été agressé par un rapace, elle va écraser un oeuf fécond contre un arbre par esprit de rancune.


Lentement, leur rapport préalablement conflictuel va peu à peu s'exacerber par la faute d'évènements intrigants découlant d'un danger sous-jacent émis par le bruit d'animaux affolés. Après avoir sacrifié certains mammifères et violer son massif forestier, la nature subitement insidieuse souhaite prendre sa revanche sur ses oppresseurs afin de leur faire payer leur impudence. La grande force incisive de Long Week-end découle de cet enchevêtrement de situations primaires perpétrées par deux quidams immatures car extériorisant leur colère et leur caprice sur la nature vierge. L'ambiance anxiogène qui en émane, le sentiment d'insécurité tangible octroyé aux protagonistes déstabilisés par les évènements imbitables nous confinent vers un climat malsain davantage feutré. La dernière demi-heure, course de survie pour le couple déboussolé, va renforcer ce sentiment oppressant d'une menace indicible mais prégnante. Sans jamais céder à l'esbroufe, Colin Egleston brode avec une rare subtilité un pur cauchemar écolo aux cimes du fantastique où le malaise palpable s'accapare du psyché du spectateur tout aussi désorienté que nos protagonistes.


Soutenu d'une partition ombrageuse de Michael Carlos, brillamment incarné par un duo de comédiens méconnus épatants de naturel, et implacablement oppressant par son angoisse en crescendo, Long Week-end demeure une pierre angulaire du fantastique éthéré où l'effet de suggestion découle d'une menace naturelle indicible. 

10.01.12
BM

1 commentaire:

  1. Tellement au dessus du triste remake de 2009, qui passe complètement à coté de tout ce qui fait la force du film original ! Ici, la nature est une véritable menace latente, on pressent le danger des lieux et la tension qui envahit peu à peu les personnages, ce que n'a pas su faire le remake qui en oublie l'essentiel, créer une ambiance étrange et palpable comme ici.

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