mardi 15 novembre 2011

AUDREY ROSE


de Robert Wise. 1977. U.S.A. 1h48. Avec Marsha Mason, Anthony Hopkins, John Beck, Susan Swift, Norman Lloyd, John Hillerman, Robert Walden, Philip Sterling, Ivy Jones, Stephen Pearlman, Aly Wassil.

Sortie en salles en France: Novembre 1977. US: 6 Avril 1977

FILMOGRAPHIE: Robert Wise est un réalisateur, scénariste, producteur, monteur né le 10 Septembre 1914, décédé le 14 Septembre 2005 à Winchester (Indiana).
1944: La Malédiction des Hommes Chats, 1945: Le Récupérateur de cadavres, 1948: Ciel Rouge. Né pour Tuer. 1949: Nous avons gagné ce soir. 1952: La Ville Captive. 1952: Le Jour où la terre s'arrêta. 1954: Les Rats du Désert. 1957: Marqué par la Haine. 1958: l'Odyssée du sous-marin Nerka. 1962: West Side Story. 1964: La Maison du Diable. 1966: La Mélodie du Bonheur. 1967: La Canonnière du Yang-Tsé. 1972: Le Mystère Andromède. 1975: L'Odyssée du Hindenburg. 1977: Audrey Rose. 1980: Star Trek. 1989: Les Toits. 2000: Une Tempête en été (télé-film)

                        Avertissement ! Mon article dévoile les évènements clefs de l'intrigue ! 


"Pour l'âme, il n'y a ni naissance ni mort. L'âme ne connait pas la mort. Elle est éternelle, intemporelle, immortelle et primitive..." LA BHAGAVAD-GITA

En 1977, Robert Wise renoue avec le cinéma d'épouvante en s'inspirant du roman de Frank De Felitta, The Case for Reincarnation. Des aveux de l'écrivain, l'idée spirituelle de la réincarnation lui est inspirée par l'expérience de son propre fils âgé de 6 ans, qui, un jour, interpréta un air de ragtime au piano alors qu'il n'eut jamais appris de cours de musique. Un couple et leur fille Ivy sont importunés par un individu épiant faits et geste de leur rejeton. Persuadé qu'il s'agit de la réincarnation de sa fille Audrey Rose, morte brûlée vive à 5 ans dans un accident de voiture, l'individu s'efforce de convaincre les parents qu'Ivy est en danger. Occulté depuis sa sortie en 1977 et comparé à l'époque comme un nouvel ersatz de "l'enfant diabolique" (en rapport aux précédents succès de l'Exorciste et la Malédiction), Audrey Rose est d'abord un drame psychologique poignant avant de se conjuguer au fantastique mystique. Avec la densité d'un scénario aussi passionnant, potentiellement inspiré de faits réels, l'oeuvre doit également beaucoup à la sobriété de ces quatre interprètes. Marsha Mason, poignante d'empathie maternelle, Anthony Hopkins, d'une persuasion magnétique, John Beck, irascible de paternité orgueilleuse, et enfin la petite Susan Swift (son tout 1er rôle à l'écran !), étonnante de naturel versatile dans sa physionomie hagarde. En évoquant le thème métaphysique de la croyance orientale en la réincarnation, Robert Wise nous fait partager le trouble quotidien de parents désarmés face aux élucubrations d'un quidam convaincu que leur propre fille est la réincarnation de sa défunte Audrey Rose. Antécédemment morte dans un accident de voiture parmi la présence de sa mère, la jeune fille avait péri à l'âge de 5 ans, asphyxiée et brûlée vive en interne du véhicule. Du côté des parents d'Ivy, celle-ci est en proie dès son plus jeune âge à de violentes crises de somnambulisme durant certaines nuit. En intermittence, elle est prise de convulsions suite aux cauchemars incontrôlables lui invoquant un brasier ! Les parents d'abord réticents et dubitatifs des déclarations occultes de Mr Hoover refusent à croire que leur propre fille est une âme contrariée, anciennement matérialisée par la personnalité immolée d'Audrey Rose.


La première partie, privilégiant la dimension psychologique de l'incrédulité des parents, favorise son potentiel plausible sous l'autorité sereine de Mr Hoover afin de tenter de nous convaincre que la métempsychose n'est nullement une religion infondée. En l'occurrence, cette doctrine privilégiant la renaissance de l'âme dans un nouveau corps est pratiquée et approuvée par 700 millions d'hindouistes auquel Mr Hoover s'est laissé convertir après des années de recherche. Cette quête religieuse cathartique souhaite nous interroger sur notre rapport intrinsèque au sens de notre vie à travers le profil fustigé d'Ivy, victime malgré elle d'une âme traumatisée par une mort inique. Les séquences chocs de marasme violemment perpétrés par la fillette impressionne autant qu'elles émeuvent le spectateur face au témoignage lamenté des parents démunis. Des géniteurs désorientés, car pris de tourments, se refusant à croire que leur fille fut une autre identité dans une époque antérieure. La seconde partie nous dépeint avec concision le procès consulaire assigné à Mr hoover, accusé de kidnapping après s'être interposé au père irascible. Il décide donc en désespoir de cause de ravir la jeune Ivy à nouveau victime d'une crise d'hystérie. Ce procès de tribunal tente d'amener la preuve devant témoins (et show TV avide de sensationnalisme !) que la réincarnation est l'unique preuve de l'état pathologique d'Ivy. Quand bien même la mère dubitative va peu à peu se laisser convaincre des certitudes fondées par Hoover sur cet enseignement d'une vie éternelle. La dernière partie, douloureuse et éprouvante, nous abreuve d'une séquence d'hypnose décrétée par une confrérie de psychiatres en compromis avec les parents désemparés. Une salle tamisée à l'ambiance anxiogène nous est froidement reconstituée pendant qu'un médecin va tenter d'exorciser la personnalité d'Ivy face au témoignage de spectateurs.

                                        

Mis en scène avec sobriété dans son refus de racolage face aux séquences chocs émotionnelles, Audrey Rose s'édifie en passionnante investigation métaphysique (instaurant une vraie réflexion sur la croyance en la réincarnation) sous couvert d'argument d'épouvante. Privilégiée par la prestance austère de protagonistes en quête existentielle, l'oeuvre sensible de Wise tente de nous interroger sur notre destinée (im)mortelle quand bien même son épilogue bouleversant essaie de nous réconforter sur le bien fondé de cette croyance après une issue aussi tragique que salvatrice.

15.11.11. 4èx
Bruno Dussart

La Bhagavad Gita:
Livre de chevet du Mahatma Gandhi, la Gita pourrait se définir simplement comme un traité de philosophie humaniste. La Gita se compose également de 18 chapitres. La lecture de chaque chapitre est censée apporter des « mérites » à son lecteur. Ignorer la faim et la soif, réaliser ses rêves, connaître ses vies passées, guérir de maladies incurables, se débarrasser de ses dettes ou de ses ennemis… Tels sont les bénéfices qu’apporte sa lecture, selon les croyances populaires.
C’est à l’aube de la bataille finale qui oppose les Kauravas et les Pandavas, que Krishna est amené à prononcer ce célèbre discours afin d’encourager Arjuna à se battre et à vaincre le Mal… Arjuna est alors prêt à renoncer à sa couronne afin d’épargner ses amis et ses maîtres qui composent les rangs ennemis. Krishna lui rappelle ses devoirs en qualité de guerrier, définit alors la « voie de l’action » (karma-yoga) et lui révèle enfin sa véritable nature…
L'Hindouisme:
Plus qu’une religion, plus qu’une philosophie, l’Hindouisme apparaît comme un véritable mode de vie, rythmant le quotidien de plus de 80% de la population indienne.
L’inde compte ainsi plus de 330 millions de Dieux et Déesses ! En fait, tous les villages, toutes les catégories sociales et professionnelles, toutes les familles et enfin tous les individus sont libres de se choisir, voir de se créer leurs propres divinités. Ce n’est donc pas toujours facile de s’y retrouver…
Les origines de l’Hindouisme se trouvent dans des formes d’animisme, de fétichisme et de mysticisme ancestraux. Les premiers dieux vénérés en Inde, les Dieux Védiques, étaient le plus souvent représentés sous forme d’animaux et dédiés aux éléments et aux manifestations naturelles. Ce sont les récits épiques (Ramayana et Mahabharata) qui donnèrent aux dieux une dimension plus humaine, tant dans leurs représentations que dans leurs interventions. Enfin, les récits puraniques, tentent de répertorier les différents dieux en regroupant les mythes et légendes qui retracent la vie de chacun d’eux. En « humanisant » leurs Dieux, les Hindous souhaitaient se rapprocher d’eux et amoindrir l’influence parfois exagérée des Brahmanes.
Avec plus de 700 millions d’adeptes, l’hindouisme est l’une des principales religions du monde. Elle est également à l’origine de nombreuses autres croyances (jaïnisme, bouddhisme, zoroastrisme, sikhisme…), et est elle-même fortement imprégnée de ces autres religions. L’Hindouisme a su évoluer suivant les changements de la société du Sous-continent, s’adaptant localement, s’enrichissant et se diversifiant culturellement. Il en découle une multitude de cultes, de doctrines et de coutumes…
Les fêtes en l'honneur des divinités se succèdent tout au long de l'année aux quatre coins du pays et rythment la vie de tous les hindous.
Et il n'est pas rare d'avoir vu se développer des coutumes locales particulières qui donnent à ses festivités des ampleurs considérables et les pèlerins se rassemblent parfois par millions en certains lieux sacrés.
Celui ou celle qui respecte le dharma et l'ordre cosmique sera délivré des souffrances humaines en échappant au Samsara, le cycle des renaissances.
En règle générale, on peut quand même dire que les Hindous sont ceux « qui suivent la voie (dharma) déterminée par les castes (varna) et les quatre âges de la vie (ashrama) ».

3 commentaires:

  1. vu à l'age de 10 12 ans à la télé( y avait pas encore de VHS ) ce film est resté dans ma mémoire des années durant ,
    avant que je puisse en retrouver la trace sur des sites de passionnés et le revoir
    avec un plaisir insoupçonné en remarquant la présence d'Anthony Hopkins.

    Un film d'épouvante basé sur une histoire vraie enfin…..
    un très bon film d'épouvante qui ne vieillit pas et qui à la vue des photos choisies
    je m'en vais voir s'il n'existe pas une version remasterisée.

    impatient d'en voir la citrique….

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  2. J'ai du mal avec celui-ci. J'ai du mal avec la métempsychose. J'ai du mal avec Hopkins The Great dans celui-ci (il en fait des caisses). J'ai du mal avec les filles qui se nomment Rose. J'ai du mal avec Gandhi. J'ai du mal avec Krishna; il ne m'a jamais contacté, ni envoyé de carte postale. J'ai du mal avec l'idée qu'un type avec un gros zizi puisse se réincarner en eunuque. J'ai du mal à croire que ma fille est peut-être Elizabeth Short. J'ai du mal...MAIS...ça me fait du bien que cette histoire reste un mystère. Car quand nous comprendrons comment le truc fonctionne, cela ne présentera plus aucun intérêt. Ce n'est pas le lapin qui est dans le chapeau, c'est le chapeau qui est autour du lapin.

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