mardi 1 mars 2011

CARNAGE (The Burning)

                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site linusloves80horror.blogspot.com

de Tony Maylam, 1981. U.S.A. 1h31. Avec Brian Matthews, Leah Ayres, Brian Backer, Larry Joshua, Lou David, Jason Alexander, Holly Hunter, Fisher Stevens, Ned Eisenberg, Shelley Bruce, Carolyn Houlihan.

Sortie salles France: 28 Avril 1982 (Int - 18 ans). U.S: 8 Mai 1981

FILMOGRAPHIE: Tony Maylam est un réalisateur britannique né à Londres en 1943.
1981: Carnage. 1988: Across the lake (télé-film). 1992: Killer Instinct


"On n'a pas retrouvé son corps mais on dit que son esprit vit toujours dans la forêt, cette forêt ! Un maniaque, un être qui n'a plus rien d'humain et on dit aussi qu'il arrive à vivre avec ce qu'il trouve ça et là, des racines, des herbes.
Oui il est toujours vivant ! Et tous les ans il réapparaît dans un camp d'été comme celui la et il cherche toujours à se venger des terribles choses que ses gosses lui ont faites.
Tous les ans il tue, même cette nuit il est là à nous épier ! à attendre !
Ne regardez pas, il vous verrait !!! Ne respirez pas, il vous entendrait !!!
Ne bougez pas, vous êtes morts !!!!!!!!!!!!!!!!"


En 1980 sort sur les écrans Vendredi 13, modeste ersatz influencé par la vague du slasher tirant parti de son efficacité par la multiplicité des meurtres concoctés par Tom Savini. Le public juvénile friand du "ouh, fait moi peur !" se rue en masse et la série B produite avec des bouts de ficelle explose le box-office ! Un nouveau genre est né et son icone célébrée ! Le slasher "forestier" et son tueur à la machette, Jason Voorhees ! Un an plus tard, le réalisateur britannique Tony Maylam réexploite le filon, rappelle à l'ordre le talent artisanal de Mr Savini et livre sa version "du camp maudit de jeunes vacanciers pris à parti avec un tueur masqué" ! Et le miracle de se produire ! Car sur le schéma canonique d'un canevas emprunté aux "10 petits nègres", Carnage va transcender son ancêtre d'une manière bien plus persuasive par son réalisme cru et son climat inhospitalier !


Un surveillant de camp de vacances est incidemment brûlé vif suite à la blague sardonique d'une bande de marmots. Cinq ans plus tard, celui-ci défiguré décide de prendre sa revanche en revenant sur les lieux de l'accident pour martyriser une nouvelle clique d'ados. Au vu du script éculé, le scénario de Carnage reste donc élémentaire et sans surprise puisqu'il récupère le schéma routinier de Cunningham. Mais une ambiance angoissante plus tangible et un suspense lattent nous sont habilement distillés en cours de route, quand bien même sa dernière demi-heure, épique et haletante dans son mode "survival", évite la voie de la redite à courser naïvement la dernière victime en marasme. 


Après un prologue plutôt cruel pour l'ironie de sa blague de potache, l'entrée en scène du tueur frappe fort et s'influence même du giallo avec cet individu en long manteau accoutré d'un chapeau noir et trucidant une jeune prostituée à l'aide d'un long ciseau ! Le meurtre s'avère brutal, sale, percutant dans son aura malsaine explicite, l'arme pénétrant en gros plan dans la chair tendre de l'estomac ! La narration emprunte ensuite un cheminement linéaire dans son lot de situations rebattues mais le réalisateur prend réellement soin de peaufiner une ambiance ombrageuse au sein de sa scénographie forestière avec l'appui d'un souffle malsain. Si la caractérisation de nos étudiants n'a rien de surprenante dans leur physionomie et leur mode de loisir (baignade, baise, alcool et fumettes), elle se révèle un peu plus convaincante que le slasher usuel par leur manière d'appréhender la peur et de faire face au danger, avec parfois un sens de l'autorité et de la bravoure. Ils paraissent donc ici moins caricaturaux, moins stupides que de coutume même si les traditionnelles blagues acnéennes ne nous sont épargnées et que le souffre-douleur continue d'être réprimandé par ses camarades.


Mais Carnage c'est avant tout une présence indicible qui attend, tapie dans l'ombre des feuillages, un battement de coeur perpétuel, un tueur fantomatique que l'on discerne rarement au-delà d'une ombre diffuse et d'une paire de cisaille. Le metteur en scène jouant notamment avec nos peurs enfantines des contes que l'on aime se remémorer au coin du feu pour frissonner de plaisir. C'est donc la peur ludique, l'archétype de l'ogre caché dans la forêt que nous imprime Maylam sans savoir quand il pourra de nouveau surgir pour ébranler sa victime ! Ce qui donne lieu à des scènes latentes de suspense filmées de manière scrupuleuse. Et quand le monstre passe à l'attaque, les meurtres  saisissants nous effraie de stupeur notamment par leur cruauté tolérée, (à l'instar du premier meurtre accompli dans la chambre d'hôtel), mais aussi par leur effet de surprise parfois cuisant ! Sur ce dernier point, je songe inévitablement à l'illustre séquence du radeau où les corps des victimes seront brutalement lardés de coups de cisaille de manière inventive ! Qui plus est, l'impact strident de la partition électronique orchestrée par Rick Wakeman va également accentuer ce sentiment de panique rendu ingérable


Divertissant et irrésistiblement anxiogène, Carnage reste à mon sens le symbole de son sous-genre horrifique, le maître étalon du slasher forestier n'ayant rien perdu de son impact émotionnel dans l'illustration de la peur et l'aura malsaine qui en découle. Pour parachever, l'imagerie gore imputée aux homicides reste à jamais gravée dans nos mémoires quand bien même nous ne sommes pas prêts d'oublier la présence iconique de Cropsy, boogeyman aux longues cisailles ! Jason n'a qu'à bien s'tenir ! 

Ven 22/01/10. (critique remaniée le 01.03.11)
 5èx
Bruno Matéï.

5 commentaires:

  1. Ce film est trop bon ! L'un des meilleurs slashers existants. Je te pique l'affiche pour mon futur article (je citerai ma source ;))
    Indispensable !

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  2. Epoustouflant, flippant, bien gore ! 1 incontournable si on aime les slashers. Supérieur à V13 mm si je suis une fan. Une perle ce film. (Pattes de Velours).

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  3. Aaaaah, carnage! Pour ma part avant de connaître le film, l'histoire nous en avait été contée quand j'étais gosse par un mono en colonie de vacance! Il devait être un peu sadique le gars...
    Un super bon slasher !!

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  4. Comme promis , je reviendis (ceci afin d’honorer ton grand respect pour notre langue) .
    Après être passé par "ton" massacre a la tronçonneuse, je voulais voir ce que tu avais fait de ce cropsy aux mains d'argent .Et force est la aussi de reconnaitre que tu as bien disséqué ce dur a cuire ... ta chronique est a point , et rend un bel hommage a ce boogeyman pourtant encore méconnu et mal aimé (si tant est que l'on puisse en "aimer" un autre) .
    j'ai eu la chance de tomber sur lui juste après leatherface jason et mike ( avouons au moins que je suis plutôt un survivant).je suis fan de cette génération slasher trés 80's et bien qu'étant une figure moins iconique (d'ailleurs un des très rare a ne pas avoir généré de suite )ce cropsy méritait au moins l'hommage très chirurgical que tu lui a rendu . Félicitation pour ce beau travail qui ravive la flamme du nostalgique et devrait attirer de nouveaux visionneurs ...de mon coté je vais essayer de retomber dessus ,ce qui pourrait me causer quelques dommages , en attendant je vais faire une flambée, sais t-on jamais !

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  5. Merci à toi de prendre la peine de me lire, pas plus beau compliment de te donner envie de revoir ce classique du survival forestier ! Jason n'a qu'à bien s'tenir !

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